31 mai 2008
Galerie
Ça s'est passé par hasard. Je me baladais à Union Square, à San Francisco, cherchant un improbable arrêt de bus. Sur la place, des tas de gens déambulaient en cette matinée de dimanche. Sous des tentes et des auvents, des tréteaux. Sur les tréteaux, des bijoux de pacotille, des fringues faits en chanvre certifié bio, des masques africains, bref, tout un bric-à-brac d'autant plus sympathique qu'inattendu. Et puis surtout, mon regard a accroché des toiles aux couleurs pétantes. Du bleu, du rouge, du jaune... elles représentaient toutes la même silhouette. J'étais fascinée.



20 mai 2008
Sans commentaire ?

15 mai 2008
Message à la mer(e)
Chère Angelina,
Je t'écris vite fait une petite missive pour te donner de mes nouvelles. Les tiennes, j'en ai tous les jours par la presse, dieu merci.
C'est sûr, mon mec s'appelle pas Brad Pitt, donc forcément, je n'ai pas de paparazzi qui m'espionnent toute la sainte journée. Et moi, je suis pas vraiment ta jumelle, donc forcément encore, les paparazzi ne planquent pas devant notre modeste demeure sise dans une ruelle ensoleillée d'une banlieue de classe moyenne californienne.
En parlant de jumelles et de jumeaux, je me permets par la présente de te supplier de me dire comment tu fais pour garder aussi belle allure en étant enceinte. Je sais de quoi je parle. J'ai eu deux trolls (très beaux au demeurant et sans aucune fausse modestie), soit + 52 kilos à eux deux (perdus mais il a fallu du temps, crévindiou). Quand je te vois encore à Cannes aujourd'hui :

je suis saisie d'admiration. Si si. Brad te masse les orteils tous les soirs ? Tu fais un régime hypercalorique la journée et de la gym le soir après toutes ces rencontres fatiguantes au Festival ?
Monsieur Croissant me massait bien les orteils aussi et pourtant, je me souviens plus d'avoir été montgolfière-victim que fashion-victim. Ah ça, des formes, j'en avais. Mais moi, une robe verte m'aurait fait passer pour une plante grasse dans un hall d'hôtel, pas pour un top.
Alors voilà, Angelina : six enfants bientôt, la ligne retrouvée quatre jours après l'accouchement (je n'en doute point), le sourire Ultra-Brite, un mec carte-postale, QUEL EST TON SECRET ?
Signé : le Croissant15
09 mai 2008
Cojéhal cho di !
Je veux juste me la péter un peu pour le fun.
Mon avion part dans une heure. Destination : Saint-François en françois, San Francisco en espagnol. Durée du séjour : trois nuits, deux jours. Motif : totalement professionnel. Comme je n'ai rien pris à picorer, rien à lire (enfin si, monsieur Croissant m'a offert un ouvrage de Kurt Vonnegut juste avant mon départ de la maison. C'est la fête des mères ce week-end. Mais bref, j'ai pas envie de lire), rien à faire que de poireauter un vendredi soir au terminal 1, porte 15 de Lindbergh Field, j'ai fait une tentative pour expérimenter le WiiFi (Ouaille-Faille avé l'assent) dont j'entends causer de partout et qui reste un mystère palpitant pour moi.
Chuis pas déçue ! À peine branchée, ma bécane a embrayé sur le sans-fil comme qui rigole. Moi, je surfe depuis trente minutes, éblouie. Ça marche tout seul ! MA-GI-QUE ! C'est Julia qui serait épatée !
Julia, c'est ma grand-mère maternelle. Elle est dans le ciel depuis une quinzaine d'années, expliquait ma mère à Grand Troll qui, tout petit, posait beaucoup de questions sur son arrière grand-mère qu'il n'a pas connue mais dont il a vu pas mal de photos. Mais on ne la voit pas, s'étonnait mon Grand Troll.
Julia savait à peine lire et écrire. Môme, elle passait huit mois de l'année à garder des troupeaux de brebis et de vaches sur les collines cantaliennes où l'herbe est chiche et rare. Fille de métayers pauvres de Basse-Auvergne, épouse d'un bûcheron, mère de deux filles puis "adoptante"de deux de ses neveux orphelins à l'adolescence, Julia a trimé toute sa vie sans se plaindre, droite et honnête et bonne. Sur ses vieux jours, elle adorait regarder la télé. Ses yeux malicieux riaient en ignorant mon grand-mère – son mari – qui lui demandait encore quelque chose. Mais Julia, fallait pas la déranger quand elle regardait la lucarne. Ce qu'elle préférait ? Le Midi Première de Danièle Gilbert fut un must pendant des années. Puis vint la télé en couleurs.
Une jeune sorcière flanquée d'un crétin de Jean-Pierre qui était son mari tortillait du nez et faisait apparaître ou disparaître à volonté individus, objets. Julia était fascinée par Samantha. Ah, ça oui, elle l'aimait bien, sa sorcière ! Jamais elle ne ratait un épisode de son héroïne, qu'elle regardait avec des "Cojéhal cho di" (de l'occitan dont je ne connais toujours pas l'exacte traduction mais qui pourrait sans doute se traduire à peu près par " Oh la vache, je te dis" ou quelque chose d'approchant).
À ce jour, je suis convaincue que Julia croyait dur comme fer à ce qu'elle voyait des exploits de sa sorcière. Je pense souvent à elle encore maintenant, juste en voyant tous les progrès de la technologie ces 20 dernières années. Sûr : Julia aurait été ébahie. Cojéhal cho di !
03 mai 2008
Détente assurée
La journée s'annonce mal ? La journée finit mal ?
T'as le moral en berne ? T'as pas la frite ?
Cours-y vite, cours-y vite. Le sourire retrouveras.
http://www.viedemerde.fr/
02 mai 2008
Caca, c'est pas du boudin
Il a deux ans, trois mois et cinq jours. Il cause pas des masses mais il observe tout, dissèque, fronce du sourcil et garde la prunelle de glace le temps de son observation. Il accepte d'aller sur le pot depuis deux mois, mais faut pas le forcer, sinon il se braque en articulant un NON ferme et définitif qui en dit long sur son obstination (ouais, alors, il paraît que c'est de famille, mais quand même).
Son installation sur le mini-trône tient du comique le plus haut de gamme : il ne veut pas qu'on reste avec lui dans la salle de bains et fait signe de la main que l'on parte, pour peu que l'on insiste d'être avec lui. Petit Troll est farouchement indépendant et le fait savoir. L'autre jour, je respecte son désir et sors, non sans lui dire : "Quand tu auras fini, tu me le dis ?"
Au bout de cinq minutes, j'entends le poum-poum de ses petits pas sur le carrelage et une voix hurler d'enthousiasme : PIPIIIIIII ! PIPIIIIIIII ! Et la chasse d'eau tirée. Du haut de ses 91 cm, Petit Troll accourt dans notre chambre (avec de la moquette), les bras levés au ciel, le sourire éblouissant. Je m'apprête à le féliciter quand j'aperçois de drôles de traces par terre. Sur ses pieds. Sur ses mains. Sur ses cheveux. Sur la moquette. Sur le carrelage. Sur le tapis de la salle de bains. Sur le taxi Playmobil qui semble embourbé tellement il y en a PAR-TOUT.
Il agite ses menottes à la Ainsi font les petites marionnettes et là, horreur, une substance pâteuse marronnasse couvre ses doigts. Ah ça, il a fait pipiiiiiiiii. Puis surtout caca.
Mais la dernière date de ce soir. Il n'a rien trouvé de mieux que de badigeonner son lit avec son caca tout frais, non sans avoir auparavant plongé ses mains dans sa couche et avoir goûté !!! C'était vachement dur de pas rigoler (passée la demie heure à tout nettoyer à neuf heures du soir !!!!). Parce que cette fripouille, que l'on tentait de sermonner en pure perte, éclatait de rire à chaque remontrance.
– Mais enfin, Sinclair, est-ce que le caca, ça se mange ?
Rire de fontaine.
– Naaannnn.
Re rire de fontaine.
– Et ça te fait rire ? Tu veux que je me fâche très fort contre toi ?
Re re rire de fontaine. Il lève ses mains, les porte à la bouche et sort un Mmmmm qui ne laisse aucun doute sur son appréciation et qu'il sait parfaitement ce qu'il a fait. Pourtant...
– Naaaannnn.
On voit le genre...